8 siècles d’histoire

En l’an de grâce 1220, cette œuvre fut commencée. L’évêque béni de ce diocèse était alors Evrard et le roi deFrance Louis fils de Philippe le Sage.
Celui qui était maître d’oeuvre était nommé « Maître Robert » et surnommé « de Luzarches ». Après lui vînt Maître Thomas de Cormont et après celui-ci son fils Maître Renaut qui fit mettre, à cet endroit-ci, cette inscription en l’an de l’Incarnation 1288.
(Traduction de l’inscription de fondation de la pierre du labyrinthe)

XIIIe siècle

1206 : Don, à l’évêque d’Amiens, de la relique réputée être celle du chef de saint Jean-Baptiste. Rapportée de la 4e croisade à Constantinople, cette relique est à l’origine d’un pèlerinage considérable au Moyen Âge.
1218 : Incendie de la cathédrale romane, vraisemblablement frappée par la foudre.
1220 : Début de la construction de la cathédrale actuelle. La première pierre est posée par l’évêque Evrard de Fouilloy. Trois maitres d’œuvres, Robert de Luzarches, Thomas et Renaud de Cormont se succèdent à la tête du plus ambitieux projet de construction de l’Occident médiéval.
1269 : Don par l’évêque d’Amiens, Bernard d’Abbeville, du vitrail de la baie axiale de l’abside de l’édifice. Ce vitrail, encore visible aujourd’hui, marque la date de l’achèvement présumé du gros œuvre, à l’exception de la charpente. Moins de 50 ans pour ériger la plus vaste cathédrale française, un record !
1288 : Pose du labyrinthe dans la nef. L’inscription courant autour de sa pierre centrale retrace la genèse de la construction du monument. Fin supposée de travaux (flèche, vitraux parties hautes) à l’exception des deux tours.

XIVe siècle

1292 – 1375 : le plan initial de la cathédrale est modifié par l’adjonction de chapelles latérales.
1300- 1305 : abattage des bois de charpente de la nef, encore conservés aujourd’hui.
1372 : Achèvement de la tour sud.
1389 : Fondation de la confrérie du Puy Notre-Dame.

XVe siècle

1401-1402 : Achèvement de la tour nord, la plus haute de l’édifice.
1422 : Don des premières orgues de tribune. L’un des plus anciens et plus hauts de France (17m !). Modifié au fil des siècles, le buffet principal date du XVIe siècle.
1482 – 1510 : La cathédrale fait l’objet d’importantes réparations. Pierre Tarisel, maître d’œuvre, fait réaliser un chaînage métallique dans le triforium, toujours en place, et fait ajouter une seconde volée d’arcs-boutants au sud du chœur.
Vers 1490 : réalisation de la première travée de la clôture de saint Firmin avec le tombeau de l’évêque Ferry de Beauvoir.

XVIe siècle

1508-1522 : Réalisation des stalles, mettant en scène plus de 4000 personnages sculptés dans le chêne.
1521 : Réfection de la rose ouest (donnant sur la façade principale).
Vers 1527-1531 : Réalisation de la seconde travée de la clôture de saint Firmin avec le tombeau d’Adrien de Hénencourt, donateur.
1528 : Incendie de la flèche de la cathédrale.
1528-1533 : Construction de la flèche actuelle.
1531 : Achèvement de la clôture de chœur dédié à Saint Jean-Baptiste.

XVIIe siècle

1628 : La flèche est raccourcie suite à de fortes intempéries.
1636 : Réalisation par le sculpteur Nicolas Blasset du célèbre Ange pleureur de la cathédrale.

XVIIIe siècle

1742 : Un incendie endommage le chœur de la cathédrale.
1755 : Démolition du jubé médiéval, bientôt remplacé par des grilles en fer forgé exécutées par Jean Veyren dit Le Vivarais.
1762-1781 : renouvellement du décor et du mobilier des chapelles de la nef et du choeur, encore visibles aujourd’hui.
1768 : Réalisation de la gloire du sanctuaire.
1773 : Réalisation de la chaire à prêcher de la nef.
1793 : Pendant la période révolutionnaire, la cathédrale est transformée en Temple de la Raison et de la Vérité, puis en Temple suprême. Quelques mutilations de sculptures.
1795 : Rétablissement du culte catholique.

XIXe siècle

1821 : Après l’architecte Etienne-Hippolyte Godde, François Auguste Cheussey dirige les grands travaux de restauration qui marqueront tout le siècle. Celui-ci confie la restauration de la statuaire à 3 sculpteurs locaux, Caudron et les frères Duthoit.
1849-1874 : l’illustre architecte Viollet-le-Duc est responsable du chantier de restauration de la cathédrale.
1862 : Classement de la cathédrale au monuments historiques.

 

XXe siècle

1915-1918 : Les portails de la façade occidentale et le portail de la Vierge dorée sont recouverts de sacs de terre afin de protéger les décors sculptés. Quelques obus traversent la cathédrale sans toutefois l’endommager fortement. Les vitraux sont démontés et envoyés en région parisienne afin de les sauvegarder. Malheureusement un incendie accidentel de leur lieu de stockage, peu après la guerre, les détruit en grande partie.
1940 : Une grande partie de la ville est détruite lors des bombardements allemands. La cathédrale n’est pas touchée.
1973-1980 : Grand chantier de restauration des chapelles rayonnantes, de la charpente, du mobilier et de la flèche.
1981 : 1e inscription de la cathédrale sur la Liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO.
1998 : 2nde inscription de la cathédrale sur la Liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO au titre du bien sériel des Chemins de Compostelle en France.
Hiver 1999 : Achèvement du nettoyage de la façade occidentale de la cathédrale et 1e mise en lumière des portails. La redécouverte des polychromies de Notre-Dame d’Amiens suscite un intérêt scientifique et public mondial, propulsant l’édifice dans un XXIe siècle haut en couleurs !