8 chefs d'œuvre

La cathédrale Notre-Dame d’Amiens fait suite à l’édification des premières cathédrales gothiques. Petite sœur de Notre-Dame de Paris, elle est contemporaine des chantiers de construction des cathédrale de Reims, Bourges ou Metz. Considérée comme l’archétype même de cet art de construire dans sa période dite « classique » et « rayonnante », elle n’en demeure pas moins singulière, la preuve en 8 chefs-d’œuvre uniques en leur genre !

Les gisants en bronze

Deux gisants de bronze du XIIIe siècle accueillent les visiteurs dans la nef de la cathédrale. Ils représentent, côté sud, l'évêque Évrard de Fouilloy, qui fait poser la première pierre de la cathédrale en 1220, et côté nord, son successeur, Geoffroy d'Eu, qui, de 1222 à 1236, fait poursuivre la construction et voit s'élever les voûtes. Sauvés par deux fois des convoitises des fondeurs de canons, pendant la Révolution puis la Seconde Guerre mondiale, ces deux monuments sont devenus aujourd'hui le seul témoignage subsistant en France de cet art funéraire utilisant le bronze coulé d'un seul jet.

La flèche

Détruite par la foudre en 1528, la flèche originelle de l’édifice laisse place à une nouvelle flèche s’approchant de la cime du ciel à 112,70 mètres du sol. Figurant aujourd’hui comme l’une des plus anciennes flèches de bois, pour sa charpente, et de plomb, pour sa couverture, elle s’appuie uniquement sur les bras de la croisée du transept. Son poids est estimé à 330 tonnes.

L’ange pleureur

L’année est aux festivités et pourtant il pleure ! Voilà là l’une des figures les plus célèbres de la cathédrale ! Cette sculpture est visible sur le monument funéraire érigé à la mémoire du chanoine Guislain Lucas, bienfaiteur des orphelins amiénois. Réalisé par l’artiste local Nicolas Blasset en 1636, il doit sa notoriété mondiale aux centaines de milliers de cartes postales et autres objets souvenirs qu’emportent avec eux ou envoient à leurs familles, lors de la Première Guerre mondiale, les soldats du Commonwealth en transit à Amiens.

La Vierge Dorée

Présente à deux reprises à Notre-Dame d’Amiens (original dans le bras sud du transept et copie au trumeau du portail dit de la Vierge Dorée), cette sculpture nous rappelle que la Cathédrale est dédiée à Notre-Dame la Vierge Marie.
Considérée par les historiens de l’art comme l’une des premières Vierges Hanchées, elle esquisse sous son ample vêtement une agréable cambrure pour l’œil habitué aux statues colonnes qui figurent aux portails des cathédrales précédant le chantier amiénois. Cette Vierge, entièrement polychrome au Moyen Âge, porte encore la dorure qui l’a recouverte en 1705. Elle témoigne, en cela, des polychromies passées de la cathédrale.

La statuaire polychrome des portails occidentaux

Au Moyen-Age, le décor sculpté des églises, ainsi que certains éléments d'architecture, étaient peints de couleurs éclatantes. Les polychromies, retrouvées sur les portails de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens grâce à l’utilisation, pour la première fois à grande échelle sur un monument, de la technique dite du laser pour restaurer les portails de la façade occidentale dans les années 1990, révèlent l'utilisation dès le XIIIe siècle de couleurs vives sur l'ensemble des sculptures. Jusqu’à 26 couches de peinture successives sont notamment redécouvertes sur le portail de la Mère Dieu.
Ces polychromies, encore visibles pour certaines, ont provoqué un retentissement mondial auprès des scientifiques et du grand public. Il est désormais acquis qu'Amiens est le lieu de naissance du débat sur la restitution partielle et réversible, sur indication scientifique, des couleurs qui permettraient l'évocation de ce que furent les cathédrales.

Chaque année, depuis 21 ans, les publics peuvent ainsi découvrir grâce à la magie de la lumière les couleurs chatoyantes de Notre-Dame d’Amiens.

La relique du chef de saint Jean-Baptiste

Seuls six objets subsistent du trésor originel de la cathédrale d’Amiens. Parmi eux, le plus fameux, autour duquel s’est créé et enrichi le trésor : le chef (ou face) de saint Jean Baptiste. La relique, rapportée en 1206 de Constantinople par Walon de Sarton, chanoine de Picquigny, est, dès son arrivée, l’objet d’une intense dévotion populaire qui dépasse largement la ville et le diocèse d’Amiens. Ainsi, au fil des siècles, les plus grandes personnalités lui offrent des cadeaux somptueux. Le chef de saint Jean possède toujours le magnifique cristal de roche qui le recouvre depuis le Moyen Age et continue de faire l’objet d’une intense dévotion.

Le labyrinthe

Le labyrinthe se déploie dans la nef et figure parmi l’un des rares témoignages de ce type de motif dans une cathédrale. Refait en 1894 sur le plan octogonal initial, il s’insère dans le dallage de marbre noir et blanc du monument. Il déroule son ruban noir sur 234 mètres pour aboutir à la pierre centrale, réplique de l’original posé en 1288 et actuellement conservé au Musée de Picardie. Là, des incrustations de bronze et de marbre fournissent l’orientation et la chronologie du chantier de construction. Les figures de marbre blanc offrent un portrait idéalisé de l'évêque fondateur et des trois premiers maîtres d'œuvre de la cathédrale. L’évêque Évrard de Fouilloy porte la mitre, Robert de Luzarches tient une toise et Thomas de Cormont un compas. Son fils Renaut présente quant à lui un phylactère, destiné à rappeler l’achèvement sous sa direction du gros œuvre et la pose de la pierre commémorative. L’inscription, gravée ici, reprend ces éléments sous une forme littéraire et donne les dates de début et de fin de travaux ainsi que les règnes correspondants

Les stalles

Plus de 4 000 personnages sculptés dans le chêne ! Un chef-d’œuvre de technicité, d’art et d’inventivité qui tiennent en haleine le spectateur qui découvre cette passionnante bande dessinée en 3 dimensions dans le chœur de Notre-Dame d’Amiens. Cet ensemble exceptionnel comporte encore 110 stalles de style flamboyant, réalisées entre 1508 et 1522 par de virtuoses huchiers locaux. Scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament viennent à la rencontre d’images plus populaires du maître d’école, de la femme au bain ou encore d’animaux fantastiques. Un univers entier à découvrir d’urgence !