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Travaux de restauration du grand orgue de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens

La DRAC Hauts-de-France lance, à partir de la fin de l'année 2019 et pour une période de plusieurs années, un chantier de restauration du grand orgue, situé au revers de la façade occidentale. Ces travaux porteront sur la partie instrumentale et sur les buffets, mais seront également accompagnés de travaux de restauration sur la première travée de la nef.

L’histoire de l’orgue de la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens est longue puisque les origines de cet instrument remontent à 1422. C’est à cette époque que remonte le grand corps de buffet qui sera plusieurs fois remanié par la suite, tout d’abord vers 1549 dans le style Renaissance puis au XIXe siècle. Le buffet de Positif est installé en 1623 puis agrandi de deux tourelles latérales vers 1766.

La partie instrumentale originelle, un grand blockwerk de 46 touches, comportant de 19 à 91 tuyaux par touche, est reconstruite vers 1549 puis 1620. Ses éléments les plus anciens remontant à l’Ancien Régime disparurent progressivement lorsque l’instrument fut reconstruit, tout d’abord par John Abbey en 1835-1837 dans un style préromantique, puis par Aristide Cavaillé-Coll en 1887-1889 qui en fera un grand instrument symphonique de 51 jeux sur trois claviers et pédale.

L’orgue sera démonté en 1918 mais sa sauvegarde sera compromise en raison d’un stockage dispersé (Amiens, Eu, Abbeville, Pierrefonds …) et de mauvaises conditions de conservation. C’est donc un instrument très endommagé que la manufacture Rœthinger doit restaurer, compléter et remonter en 1935-1937. Ce fut l’occasion d’augmenter le nombre de jeux de l’instrument et de modifier la composition et l’harmonie des jeux existants pour leur donner une orientation néoclassique. Quelques modifications de détail furent encore apportées sur la composition en 1965-1966. L’orgue est alors doté de 58 jeux, soit 3764 tuyaux.

Depuis 1937, l’orgue est régulièrement utilisé dans le cadre du culte ainsi que lors de manifestations à caractère culturel, mais son état s’est progressivement dégradé sous le fait de l’usure des composants en fonctionnement et une restauration approfondie est aujourd’hui nécessaire.

Commandée par la DRAC des Hauts-de-France, l’étude détaillée de la partie instrumentale réalisée en 2016 a conduit à en constater l’importante complexité. L’étude par sous-ensembles de la partie instrumentale qui était considérée généralement comme essentiellement de Rœthinger a permis de constater en réalité que la structure instrumentale est encore en majeure partie de Cavaillé-Coll.

L’examen des buffets a, de son côté, permis de constater l’hétérogénéité de l’ensemble. Les éléments médiévaux se réduisent certainement à la structure du soubassement (montants et traverses) et des tourelles ainsi qu’à des décors peints sur les côtés des tourelles, en partie haute. Le buffet de Positif est resté proche de son état du XVIIe siècle modifié au XVIIIe. La polychromie a fait l’objet de sondages et d’une analyse qui ont été confiés à deux restauratrices spécialisées. Elle est de deux natures : en partie avant, y compris pour la tribune, la polychromie est pour l’ensemble du XIXe siècle, contemporaine des travaux réalisés par John Abbey ; sur les faces latérales, elle remonte à la Renaissance.

Il était nécessaire d’envisager également des travaux d’accompagnement en périphérie de l’orgue à l’occasion de cette restauration, afin de redonner un environnement approprié à l’instrument et assurer sa bonne présentation, sa mise en valeur et finalement la protection de ses conditions d'hygiène dans un environnement assaini et restauré.
Ainsi, à l’occasion de la réalisation de l’étude de restauration de l’orgue, il a été souligné : la nécessité de restaurer les voûtes du fond de nef, localisées au-dessus de l’orgue ; l’opportunité du démontage partiel ou total de l’instrument pour nettoyer, vérifier et réviser les parements et maçonneries du revers du pignon et ses retours au droit de la première travée de la nef, en périphérie de l’orgue (des travaux qui ne seront plus envisageables après remontage de l’instrument) ; la remise en état et le nettoyage des volumes affectées aux équipements techniques de l’orgue ; le traitement et l’adaptation, si nécessaire, des accès, aménagements périphériques, protections et autres éventuels points particuliers s’avérant indispensables au bon fonctionnement et à l’usage de l’instrument.

Cet important chantier nécessitant un échafaudage occupant toute la première travée de la nef, rendra le grand orgue invisible pendant les célébrations des 800 ans de la cathédrale d'Amiens. Cependant, une bâche en trompe-l’œil viendra dissimuler le chantier, tandis que des actions de médiation seront mises en place pour expliquer les travaux menés.

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Lieu :
Cathédrale Notre Dame d'Amiens
Horaires :
Du 01/01/2020 au 31/12/2020
Organisé par :
DRAC Hauts-de-France
Tarif :
Gratuit